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Non au vote électronique

Le vote électronique, c'est quoi ? C'est confier son vote à une machine, à une boite noire dont on ne sait absolument rien. Et personne ne peut vérifier que votre vote a bien été pris en compte et correctement. Je n'ai donc nullement confiance à ces machines (Et je suis informaticien, je sais ce que je dis ! ;-) ). François explique bien le problème :

Aux prochaines élections de cette année, plus d'un million d'électeurs français verront leur bulletin « dématérialisé » et leur vote comptabilisé par une boite noire dont ils ne connaissent, ni ne peuvent vérifier, le fonctionnement et la programmation. Tout comme les assesseurs qui sont pourtant censés contrôler le bon déroulement du scrutin, et qui auront bien du mal à vérifier avec leurs propres yeux avant l'ouverture du bureau de vote que les soi-disantes « urnes » sont bien vides. Dans les municipalités qui auront fait le choix de remplacer des urnes transparentes, dont toute personne munie d'une vision pas trop déficiente peut comprendre et vérifier le fonctionnement, par des ordinateurs de vote, les électeurs n'auront plus le choix d'utiliser un bulletin papier. Ils devront faire une confiance aveugle dans des machines et une technologie qui n'ont cessé de prouver qu'on ne peut justement pas leur faire confiance.

Lire aussi L'état des lieux fait par François.

À noter aussi qu'on peut lire ici ou là des propositions sur l'ouverture du code source de ces machines. Certes, en analysant le code source, on pourrait savoir si le fonctionnement est correct. Mais qui peut assurer que le programme enregistré dans la machine est bien celui qui correspond au code source publié ? Sans compter qu'il faut avoir une certaine expertise en matière de programmation pour faire ces vérifications : peu de personnes peuvent donc être s'assurer elle même du fonctionnement et de l'utilisation honnête de la machine.

J'ai donc signé la pétition contre le vote éléctronique. Vous aussi signez !

Commentaires

1. Le lundi, mars 12 2007, 11:16 par Gérald

Je m'interroge.... l'ordinateur est il ici réellement moins fiable que le papier ?

Oui, on peut, de visu, contrôler les gens qui dépilent les votes.... toutefois, il est envisageable de tricher à tous les niveaux (au moment ou les bureaux centralisent les votes vers le bureau principal de la commune, au moment ou les communes envoient leur résultat au bureau principal, ..., ...), il est aussi possible de manipuler les listes électorales, ...

Il sera toujours possible de tricher, avec ou sans électronique.

D'un point de vue technologique, je penses que nous avons les moyens d'assurer bcp de choses (vérifier la signature du programme en cours d'exécution), assurer via un système d'horrodatage que les votes ne sont pas modifiés, assurer via un système de signature électronique que les bureaux transmettent correctement les résultats, ..., ...

Il est possible de grandement limiter les risques avec l'electronique si l'on se donne les moyens de vérifier ce qui s'y passe, ainsi, je ne suis pas contre une telle modification dans le processus de vote.

De plus, ce seront toujours des milliers de bulletins papiers en moins à jeter.

2. Le lundi, mars 12 2007, 11:40 par Kilgore

Je rejoins complètement l'avis de Gérald. Il semble même que des solutions de signature et d'horodatage permettent d'ajouter des garanties supplémentaires au système "papier" actuel.

Le système papier est plus rassurant au niveau d'un bureau de vote, notamment pour le citoyen, mais le système électronique permettrait beaucoup plus de garanties dans le processus complet car l'usager n'a pas de contrôle sur le processus jusqu'à la centralisation des résultats.

3. Le lundi, mars 12 2007, 11:54 par Laurent

Inutile de se voiler la face : il y'a toujours moyen de tricher, que ce soit papier ou électronique. Aucune raison de ne pas faire confiance aux machines. D'autant plus qu'on est informatiens, et qu'on sait de quoi on parle. Que doit-on penser de nos banques ? Nos systèmes de réservation en ligne ? Tous ces systèmes pour lesquels nous travaillons de notre mieux afin qu'ils rendent les meilleurs services ? Nous aimons ces machines, mais le fait est que nous ne voulons pas les voir entre les mains d'instigateurs à qui nous ne faisons pas confiance, et c'est là le coeur du problème.

4. Le lundi, mars 12 2007, 12:40 par laurentj

Le vote papier est beaucoup plus fiable que le vote électronique, dans la mesure où la triche ne peut se faire que dans un bureau de vote et est limité au bureau de vote. Tandis que pour le vote électronique, les machines peuvent être trafiquées avant envoi au bureau de vote, et les responsables du bureau de vote n'ont AUCUN moyen de vérifier la fiabilité du système. En clair, le citoyen doit faire confiance aux responsables du bureau de vote, qui doivent faire confiance à lambda, qui doit faire confiance à lambda, etc.. et pour finir, qui doit faire confiance au fabricant de la machine. En clair : avec le vote électronique, c'est toute la chaine du processus de vote qui est remise en question, donc la démocratie.

@kilgore :

le système électronique permettrait beaucoup plus de garanties dans le processus complet car l'usager n'a pas de contrôle sur le processus jusqu'à la centralisation des résultats

L'usager ne devrait pas avoir le contrôle de son vote ?? Tu veux vivre dans une dictature toi ? Désolé, mais le citoyen doit avoir le contrôle sur le processus de vote. Il doit être sûr que son vote est bien pris en compte, correctement, pour être sûr que son opinion soit pris en compte dans le processus démocratique !

@laurent : ton argument du système bancaire ne tiens absolument pas la route. Parce que dans le système bancaire, rien est anonyme, tu as des relevé (papier) qui te permette de vérifier que les transactions que tu as fait ont bien été réalisé. Tu as donc des traces de tout ce que tu as fait, vérifiable, en toute transparence. Je rappel que dans le systeme de vote electronique, la machine ne sait pas qui a voté quoi, tout est anonymisé, donc invérifiable. Dans le système bancaire, si tu as dépensé 10 euros mais que le système t'a débité 100 euros, tu as des moyens pour prouver l'erreur, et en tout cas __tu peux t'en rendre compte. Avec une machine éléctronique, tu tape A, mais qui te dit que c'est pas B qui est enregistré ? qui t'assure que c'est bien A qui est enregistré ? Rien.

@tous : les remarques que vous faites ont déjà été "démontée". Ne pas hésiter de lire la faq ou des explications supplémentaires.

5. Le lundi, mars 12 2007, 14:03 par Cyril

Le magazine Sciences et Vie avait évoqué le problème lié au vote électronique dans leur édition de février 2007. On pouvait même y trouvé une présentation des différents systèmes opérationnels sur le marché. Je ne saurai que vous conseiller de lire cet article. Vous y apprendrez entre autres que certaines universités ont démontré que ces systèmes n'étaient pas fiables, et que l'un d'eux tourne sous... Windows!!!! ARGH!

6. Le lundi, mars 12 2007, 14:19 par lipki

Un système de vote de niveau national, doit être compris par l'ensemble des citoyens.

Tous le monde même un enfant non majeur sait comment fonctionne un papier. Tous le monde sauf les aveugles, peut voir ce dérouler le vote, et vérifier que tous ce passe dans les règles.

Or avec le système de vote informatique, seul les informaticien/électronicien pourront vérifier, la machine.

A mon avis on ne doit voter avec un système (papier ou informatique que si on le métrise a 100%). Seul les informaticien/électronicien capable de comprendre la programmation de chaque puce de la machine, après le vote, devrait voter sur ces machine. Seul les personnes qui sachant lire et compter, devrait voter avec du papier.

hop ^-^

7. Le lundi, mars 12 2007, 14:23 par Gérald

Tandis que pour le vote électronique, les machines peuvent être trafiquées avant envoi au bureau de vote, et les responsables du bureau de vote n'ont AUCUN moyen de vérifier la fiabilité du système.

C'est faux, on peut tout à fait supposer un code source ouvert, une plateforme de compilation du code source en question qui donne une clef de hachage (ni plus ni moins un md5sum).

Les responsables du bureau de vote n'ont alors qu'a comparer cette clef ou à utiliser un outils pour comparer cette clef.

C'est bête et méchant, mais cela pourrait assurer dans un premier temps que la plateforme est "intègre"....

dans le systeme de vote electronique, la machine ne sait pas qui a voté quoi, tout est anonymisé, donc invérifiable

C'est pareil avec le vote papier. Lorsque j'ai mis mon bulletin dans la boite, je serais bien infoutu de dire quel est mon bulletin, la seule chose dont je suis sûr, c'est que le bulletin est "dans un boite".

Si le logiciel est correctement développé, pourquoi pas une écriture, puis une lecture du vote écrit pour confirmation à l'usager ?

J'ai vu dans la faq ou les explications supplémentaires un argument indiquant qu'il était possible à quiconque de modifier les données avec un simple accès aux disques durs (pour résumer), et que cet accès était indétectable.

Encore une fois, c'est faux, il est parfaitement envisageable de générer des fichiers de signature à chaque vote enregistré, chaque signature dépendant de la signature précédente, puis par mesure paranoiaque, d'horrodater le fichier obtenu et d'imprimer ces signatures..., imprimé que l'on ferais signer de façon manuscrite aux personnes sur les lieux (la, ça devient de la sur-précaution)

Avec un tel système, il est clair que l'on peut détecter n'importe quelle modification du vote, et qu'il existe des moyens de contrôle.

Bon, maintenant il semble clair que ce n'est pas "non au vote électronique", mais "non au système actuel de vote électronique sur lequel on ne sait pas grand chose".

Je vais farfouiller dans le site en question pour voir ce qu'il en est dans le détail et me forger une opinion avec tous les éléments (la je n'ai fais que survoler les quelques liens).

8. Le lundi, mars 12 2007, 14:27 par lipki

@Gerald

Je m'interroge.... l'ordinateur est il ici réellement moins fiable que le papier ?

Un ordinateur est parfaitement fiable et conforme a ce qu'a voulu le programmeur.
Le problème dans le cas qui nous intéresse, c'est que la le comptage est fait par un logiciel, fait par un programmeur, plusieurs semaine, voir mois, avant le vote.
Avec le vote papier le comptage est fait par trois personnes ou plus, et vue par tous les votants qui le décide, le jour même.

Un ordinateur est plus fiable, mais pas un seul homme.

ps. une solution c'est que le programmeur soit nommé publiquement, et responsable de toute fraudes découverte. :D

9. Le lundi, mars 12 2007, 14:33 par lipki

@Gerald

Tes solution sont évidente, et des moyens de sécurisé la machine ne seront jamais de trop.

mais si l'utilisateur lambda ne peut pas vérifier que la programmation réelle correspond a la programmation officiel, ça ne peut pas marcher, la validité d'un md5sum serait encore plus difficile a vérifier par monsieur lambda qu'un programme en basique.

10. Le lundi, mars 12 2007, 14:44 par Gérald

@lipki > c'est vrai que mes solutions coulent de source, mais l'idée est globalement de dire qu'une fois arrivé à l'outils établi par des experts, vérifié par des experts, pourquoi donc ne pas lui faire confiance ?

Aujourd'hui, lorsque je vais à mon bureau de vote, rien ne me garanti physiquement (que je peux voir de mes propres yeux) que mon vote a été pris en compte correctement dans le résultat final. Je veux dire je ne verrais jamais le papier signé par les personnes présentes et tamponné par la dernière autorité de comptabilisation (qui en plus doit surement se faire via un ordinateur).

(Notez que je comprends parfaitement les interrogations soulevées, juste qu'il me semble bien délicat de s'infiltrer dans une architecture sécurisée avec des log d'états immuables)

11. Le lundi, mars 12 2007, 15:00 par laurentj

on peut tout à fait supposer un code source ouvert, une plateforme de compilation du code source en question qui donne une clef de hachage (ni plus ni moins un md5sum).

Déjà, je te rappel que le calcul d'un md5 de deux contenu différent peut aboutir au même résultat. Certes, il est trés difficile de trouver un contenu différent pour tomber sur un md5 précis, mais quand même...

C'est bête et méchant

Va donc expliquer ça a tes voisins non informaticien. Va donc leur expliquer ce qu'est un code source, une compilation, un md5, un compilateur etc...

Bref, tu n'élimines pas le fait qu'un citoyen non informaticien n'a aucune garantie envers un système électronique, et peut ne pas avoir confiance, à raison, envers la boite noire qu'on lui présente comme étant sûre. Il est obligé dans ce cas de faire confiance aveuglement à des personnes tierces.

Imagine un état corrompu qui distribue des machines modifiées qui rendront un résultat à son avantage pour sa ré-élection (ou même à moindre échelle, pour les élections municipales, le maire faisant trafiquer les machines pour assurer sa réélection).

Lorsque j'ai mis mon bulletin dans la boite, je serais bien infoutu de dire quel est mon bulletin, la seule chose dont je suis sûr, c'est que le bulletin est "dans un boite".

La chose dont tu peux être certain avec le vote papier, c'est que ton bulletin sera comptabilisé (et même devant tes yeux si tu vas au dépouillement). Avec une machine, tu n'a aucune certitude. Tu ne peux même pas être sûr que ton bulletin est dans la boîte.

Si le logiciel est correctement développé, pourquoi pas une écriture, puis une lecture du vote écrit pour confirmation à l'usager ?

Tout le problème est là : si le logiciel est correctement développé. Mais qui te dit que la société éditrice l'a bien développé (bug toussa, on sait tous que le logiciel parfait n'existe pas) ? qui te dit qu'il n'a pas été remplacé malintentionnellement par quelqu'un durant le voyage de cette boîte, ou durant son stockage ?

Que dire aussi des bugs si il y a coupure de courant ? si une touche fonctionne mal ? est ce que la machine ou un individu fait un check complet du système entre chaque vote pour être sûr que si on tape sur telle ou telle touche, le fonctionnement est garanti, et le vote bien pris en compte ?

Ces questions peuvent paraître capillotractée et un peu forcée dans le raisonnement, mais il est question tout de même de liberté et de démocratie.

Et je suis persuadé que moins il y a d'intermédiaire, moins de techniques et une plus grande simplicité de mise en oeuvre du processus, plus il y a de chances que le système soit équitable, non corrompu, et garantisse le processus démocratique. Le système de vote ne doit pas être dans les mains d'une poignée de personne. Il doit être accessible et compréhensible par tout le monde.

12. Le lundi, mars 12 2007, 15:05 par laurentj

@gerald

pourquoi donc ne pas lui faire confiance ?

Corruption, tu connais ? ;-)

Je veux dire je ne verrais jamais le papier signé par les personnes présentes et tamponné par la dernière autorité de comptabilisation

Euh.. Ce n'est pas ce que l'on voit quand on assiste au dépouillement ? Il me semble que le résultat est annoncé publiquement après le dépouillement et donc il ne peut y avoir tromperie lors du transfert du résultat puisque c'est diffusé et vérifiable. Avec une machine à voter, ça te sort un chiffre. Bon. Mais finalement, il n'y a pas eu comptage "physique".

13. Le lundi, mars 12 2007, 15:21 par Laurent

Merci pour le lien vers la FAQ : me voilà bien plus appris.
Je ne soutiens pas ce système. J'insisterais plus volontier sur le manque de confiance vis à vis des autorités que sur des considérations techniques : l'ordinateur doit rester un outil, et c'est pourquoi je pense qu'une solution de dépouillement électronique me parait plus approprié que le vote. Le but n'est pas de faciliter ce dernier ? Pourquoi ne pas appliquer le principe des trieuses de chèques et de la lecture optique sur les bulletins ?

14. Le lundi, mars 12 2007, 15:41 par Gérald

@LaurentJ

Déjà, je te rappel que le calcul d'un md5 de deux contenu différent peut aboutir au même résultat. Certes, il est trés difficile de trouver un contenu différent pour tomber sur un md5 précis, mais quand même...

Oui, enfin si le type fait une modification dans le logiciel pour comptabiliser les votes tout en arrivant à la même clef de hachage, c'est le champion du monde :-)

Sinon md5 n'était qu'un exemple, utilisons SHA-256.

Va donc expliquer ça a tes voisins non informaticien. Va donc leur expliquer ce qu'est un code source, une compilation, un md5, un compilateur etc...

Je ne leur explique pas, je leur dit que tout est disponible pour que n'importe quel expert, de tout bord politique, puisse le vérifier lors de sa mise en place.

Avec une machine, tu n'a aucune certitude. Tu ne peux même pas être sûr que ton bulletin est dans la boîte.

Oui, enfin quand même.....

Tout le problème est là : si le logiciel est correctement développé.

Oui, c'est la supposition de base, s'assurer que le logiciel est correct et vérifié par tout un tas d'organismes.

Euh.. Ce n'est pas ce que l'on voit quand on assiste au dépouillement ?

En fait je faisais référence à ce qui se passe "après" le dépouillement. Tout ce dont je peux être sûr, c'est que j'ai vu un chiffre qui, me dit on, corresponds à mon bureau de vote (somme de toutes les tables de comptage). Toutefois, j'ai moins de certitude entre la correspondance de ce chiffre et le chiffre transmis au bureau principal de ma commune. J'ai encore moins de certitude lorsque ce chiffre est transmis à la région, puis enfin à celui qui centralise le chiffre "final".

Enfin, il est surement vrai qu'il faut arriver à un système informatisé clair et compréhensible par tous, toutefois je suis pour l'ensemble des opérations de dématérialisation :-)

15. Le lundi, mars 12 2007, 15:56 par laurentj

je leur dit que tout est disponible pour que n'importe quel expert, de tout bord politique, puisse le vérifier lors de sa mise en place

mouai bof.. Encore faut il s'assurer que lesdits experts soient bien expert... Et en trouver.

Et si les experts ne sont pas d'accord entre eux, j'imagine même pas le bordel... (tiens d'ailleurs, la preuve, on est deux informaticiens, donc "experts" potentiels et on n'a déjà pas la même opinion sur l'usage de ces machines ;-) )

c'est la supposition de base, s'assurer que le logiciel est correct et vérifié par tout un tas d'organismes.

Le problème c'est qu'actuellement ce n'est pas fait, ou tout au moins partiellement, et seulement par un seul organisme : l'état je crois. D'autant plus que les constructeurs des boites gardent jalousement secret leur code source ce qui finalement empêche une garantie totale.

(avec le système papier, on est sûr qu'il n'y aura pas des problèmes de fiabilité/corruption avec les fabricant de papier, d'enveloppes et d'urnes transparentes ;-)

En fait je faisais référence à ce qui se passe "après" le dépouillement.

Ok, mais actuellement, ce problème est commun aux deux systèmes de vote. Il n'y a pour le moment je crois pas de transmission automatique etc entre les machines à voter et le centre de comptage de vote. Encore heureux. Parce qu'alors là si il faut en plus garantir au citoyen la sécurité du réseau... Enfin bon...

16. Le lundi, mars 12 2007, 17:29 par Nico

On risque quoi si on vole une élection ? J'ai envie de bidouiller un peu une machine^Wordinateur à voter. Histoire de donner un exemple constructif du probléme.

17. Le lundi, mars 12 2007, 22:04 par Ombre

Pour info, en Belgique cela fait déjà quelques années que environ 30% des communes sont équipées de «machines à voter». Ces machines ont maintenant pour la plupart au moins une quinzaine d'années. A l'époque elles ont coûté une fortune et comme ont les sort en moyennes tous les 3 ans, il y a intérêt à ce qu'elles soient bien entreposées. ;)

Le système est composé de PC (démarrant sur disquette) avec écran et crayon optique, l'urne est aussi un PC mais sans écran. Lors de l'entrée dans le bureau de vote, on reçoit une carte magnétique, on va dans l'isoloir, on vote avec le crayon optique (comme sur feuille de papier) et puis, en fin de parcours, on glisse la carte dans l'urne. Sur les urnes dernier cri, la personne peut entrevoir son vote sur une bandelette de papier qui se détruit peu après.

Ayant été assesseur, le plus gros problème de ce système ce sont les personnes âgées qui ont des difficultés avec le crayon optique. On est alors obligés de les aider dans l'isoloir. Les assesseurs sont assermentés mais je ne trouve pas ça très normal.

Le deuxième problème c'est que les machines, vu leurs âges, commencent à tomber en panne… Oh il y a bien des machines de remplacements et des techniciens prêts au cas où mais vous imaginer les files qui s'allongent aux isoloirs.

Depuis les dernières élections, Belgique fédérale oblige, chaque régions gèrent les votes, électroniques ou pas. La région wallonne, où je vis, a décidé de ne pas remplacer les machines car en faisant ses comptes, le ministre de l'intérieur «local» a remarqué que les urnes électroniques coûtaient 4 fois plus chères que le papier. Même si il y a gain de temps pour le dépouillement, le matériel électronique est encore trop cher.

Bref. Vive le papier.

18. Le mardi, mars 13 2007, 11:35 par laurentj

Merci de ce témoignage Ombre. Finalement, on voit que les avantages des machines de vote electroniques sont vraiment minimes. Ça coûte énormément à la collectivité, ce n'est pas fiable voir anti-démocratique, et tout ça pour finalement n'épargner que quelques heures de comptage tous les 2-3 ans...

19. Le mardi, mars 13 2007, 19:07 par Bobo

En fait je faisais référence à ce qui se passe "après" le dépouillement. Tout ce dont je peux être sûr, c'est que j'ai vu un chiffre qui, me dit on, corresponds à mon bureau de vote (somme de toutes les tables de comptage). Toutefois, j'ai moins de certitude entre la correspondance de ce chiffre et le chiffre transmis au bureau principal de ma commune. J'ai encore moins de certitude lorsque ce chiffre est transmis à la région, puis enfin à celui qui centralise le chiffre "final".

Les résultats détaillés de chaque commune sont publiés dans les journaux le lendemain. Puis les résultats validés par le ministère de l'intérieur sont publiés au journal officiel. Le processus est transparent les chiffres sont vérifiables de bout en bout.

20. Le samedi, mars 17 2007, 00:37 par Olivier

Gerald, tu devrais faire assesseur aux prochaines élections, ou participer au dépouillement. Petit rappel des faits :

1. Le matin, l'urne, transparente, arrive au bureau de vote et les assesseurs constatent qu'elle est bien vide. Ils sont plusieurs et souvent militants de partis différents.

2. Les gens votent en mettant leur bulletin dans la même urne, toujours transparente et toujours fermée à clée.

3. Le scrutin ferme, on fait entrer les volontaires pour le dépouillement et on ouvre les urnes. Des citoyens lambda qui ont encore un peu de civisme et n'ont que faire des commentaires débiles de TF1 au moment des résultats. Ils sont installés par 4 sur une table. Un va lire le bulletin, le second va vérifier ce que le premier a lu et les deux autres vont compter sur une feuille prévue à cet effet. Une fois le compte terminé les deux compteurs comparent leurs résultats. On fait généralement ça par étape, par paquet de 100 bulletins et on tourne histoire que ça ne soit pas toujours les mêmes qui déplient ou comptent.

Ce système me garanti à moi, citoyen et électeur, trois choses :

- Le risque d'erreur est très faible, se tromper à deux est possible mais plus rare que seul.

- Il est quasi impossible de bidonner un scrutin de part la diversité politique des assesseurs et le fait que ce soient des citoyens lambda qui comptent les bulletins.

- On peut recompter les bulletins en cas de doute puisque tout est envoyé au ministère de l'intérieur.

Autre détail intéressant, les enveloppes sont mises à part pour pouvoir éventuellement en comparer le nombre avec celui des bulletins comptés.

Aucun appareil électronique ne me garanti cette fiabilité et cette transparence dans le déroulement des élections. Le système actuel fonctionne très bien et ce n'est pas être rétrograde ou passéiste que de ne pas vouloir de ce genre d'innovation.

21. Le samedi, mars 17 2007, 02:28 par etalors

Sauf quand les assesseurs quittent temporairement le bureau de vote (pour aller manger par ex) à une heure qu'ils pensent creuse, et que pendant ce temps là, on fait voter fictivement des centaines d'électeurs dont on a la certitude qu'ils ne voteront jamais. Il y a, dans les états-major de campagnes, des gens spécialement attachés à établir ces listes et à pratiquer ce détournement. Alors quand on parle de fiabilité, je rigole bien.

22. Le samedi, mars 17 2007, 13:36 par LaurentJ

etalors : je doute que tout les assesseurs quittent leur poste en même temps. En tout cas c'est un disfonctionnement. Quand bien même, toi, en tant que citoyen, tu peux toujours aller observer et faire constater les disfonctionnements dans ton bureau de vote. (et pas besoin d'avoir bac+5, diplome ingénieur informaticien en poche, pour se rendre compte de disfonctionnements).

23. Le samedi, mars 17 2007, 15:35 par etalors

Tu peux toujours douter, puisque tu n'es pas au courant.

Cependant, c'est un fait, et c'est comme ça que des urnes se font "bourrer" pendant des élections.

Je n'ai pas dit que ça se fait à tous les coups, car il est évident qu'une telle naïveté chez tous les assesseurs "adverses" n'est pas légion. Mais, cela arrive.

Quant à me proposer d'aller superviser ça dans mon bureau de vote, ça ne règlerait absolument pas le problème pour les autres bureaux. Cette proposition n'a donc pas grand sens.

La question n'était pas de savoir si je devais personnellement surveiller mon bureau de vote, mais bien de constater la "vraie" fiabilité de ce système que certains considèrent comme particulièrement sûr, tout simplement parce qu'ils ne connaissent pas toutes les manipulations possibles. C'est une preuve de très grande naïveté. D'ailleurs, ces derniers pourraient très bien être les assesseurs en question. ;-)

PS : Quel rapport avec les diplômes ?

24. Le samedi, mars 17 2007, 18:51 par LaurentJ

>Quel rapport avec les diplômes ?

le sujet principal, ce sont les machines de vote électronique. Et il faut, pour pouvoir en vérifier le fonctionnement, avoir une certaine expertise en informatique (et donc avoir fait un minimum d'étude)...

25. Le dimanche, mars 18 2007, 17:13 par Olivier

Oui, dans le 5ème arrondissement de Paris, on fait voter les morts, en Corse ça arrive aussi et ça arrivera encore. Maintenant, ça fini toujours par se savoir et ça coûte fort cher.

Aucun système n'est fiable à 100%, ça n'existe pas. J'ai simplement tendance à avoir des doutes dans un système qui ne me donne aucune garantie quant à son bon fonctionnement et aux mesures prises pour éviter la fraude. Et je continuerai à croire dans un système humain, avec toutes ses failles, qu'en un délire techno dont personne ne sait rien et qui sert juste d'autres intérêts que ceux d'une démocratie. Si être naïf c'est avoir plus foi en un groupe d'humain qu'en une machine et ceux qui la conçoivent, alors oui je suis naïf et très content de l'être.

La discussion continue ailleurs

1. Le lundi, mars 19 2007, 15:58 par Teriiehina.net

Si j'étais ...

Si j'étais Ministre de l'Informatique j'instaurerai une carte d'identité numérique...