Je viens de lire sur le blog de Laurent, ce passage avec lequel je suis totalement d'accord :

Pour mon expérience, les gens qui s'expatrient, outre le désir d'ailleurs et de découverte pour une minorité d'entre eux, ont avant tout des problèmes avec eux-mêmes. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que le mal-être colle aux semelles, que les problèmes et les questions existentielles restent au fond de la valise. La fuite n'est que la dernière des solutions. Il n'y a pas d'Eldorado, même, et surtout pas, sous les tropiques. Les discours des candidats à l'émigration sont trop souvent affligeants d'irréalisme et de candeur.

L'herbe n'est pas plus verte ailleurs, elle est juste d'un autre vert.

Je suis d'accord avec lui parce que c'est le genre de problème dont j'ai été le témoin à Tahiti, et que l'on peut lire sur les forums de mon site sur tahiti.

Je ne saurais dire combien il y en a qui décident d'aller s'installer en Polynésie. Sans même pour certain y être aller au moins une fois en touriste, pour voir comment c'est ! Certains donc se fient aux cartes postales (sic !). Les principales raisons invoquées de ces départs vers une nouvelle vie : marre de la métropole, de la "grisaille" parisienne, fuir les problèmes, vivre sous le soleil, la vie trop chère etc..

Et donc ils liquident tout et partent avec femme et enfants sans prendre un billet retour.

Mais combien, au bout de quelques mois, décident de revenir. Les gens n'ont pas conscience de ce que c'est que :

  • de vivre sur une île, aussi paradisiaque soit-elle (enfin, d'après les cartes postales qu'ils ont vu).
  • d'être éloigné de sa famille (18000km)
  • de devoir chercher un boulot dans un pays où le taux de chômage est bien plus haut qu'en France
  • du désenchantement à la vue des bouchons quotidiens, des bidons ville, de la vie chère (tout est importé et taxé au passage; résultat : il faut souvent multiplier les prix par deux)
  • de devoir faire l'effort d'intégration. Parce que là bas, ça a beau être un territoire d'outre-mer à la France, ça en est pas moins une population différente, une autre mentalité, une autre philosophie de vie, d'autres traditions. Un autre pays quoi. Tout ceci implique donc d'accepter de changer son comportement, de ne pas arriver en colonisateur (eh oui, malheureusement, il y en a encore) etc..
  • et j'en passe...

Bref, ils finissent par découvrir que les cartes postales qu'ils ont vu, ça reste du rêve. L'herbe n'est pas plus verte en Polynésie qu'ici en France (ils ont même des sécheresses parfois là bas, c'est dire !). C'est un autre vert comme dit Laurent.

J'en sais quelque chose. J'y ai vécu neuf mois (service militaire oblige). J'ai vu des "faranis" (militaires pour la plupart) fatigués de la Polynésie, heureux de pouvoir repartir en France (mais d'autres aussi donner leur démission pour rester :-)).

En ce qui me concerne, je trouve que c'est un pays fantastique. Mais beaucoup trop petit et isolé pour moi. Même si la vie, les gens, la nature de là bas me manque parfois.