Aucune chance pour une PME de faire valoir ses innovations : déposer des brevets coûtent chers, et dans un logiciel, selon la définition des brevets que va accorder l'europe, il y aura des centaines de choses à breveter si on veut le protéger correctement. Aucune chance non plus de résister aux éventuelles attaques juridiques de ces grandes puissances (procès trop coûteux). En fait, aucune chance de développer quoi que ce soit : la recherche d'éventuels brevets sur ce qu'on a écrit dans nos développements prendrait trop de temps, trop d'argent.

Une solution, sera d'utiliser des composants logiciels produits par ces géants du logiciel. Ce sera en quelques sortes la taxe, les royalties à payer pour utiliser un/des concept logiciels. Ou alors payer directement le droit d'utiliser un brevet logiciel. Innovation = 0. Désastre total. Tu veux innover ? Inventer des trucs sympa ? Pas le choix, fais toi embaucher par ces grosses sociétés. Donne leur ton âme, ton indépendance. Ou alors reste esclave et crève dans ces galères d'informaticiens que sont la plupart des SSIIs (elles ne le sont pas toutes, mais elles finiront toutes par l'être), qui paieront, elles, tous ces royalties. Si elles en ont les moyens.

Une autre solution sera de faire comme avant, faire son code dans son coin, en ignorant tous ces brevets à la con. Mais, fait nouveau, avec cette énorme épée de Damoclés au dessus de notre tête. Un peu comme si on codait devant l'entrée d'une grotte où dort un énorme monstre, en priant pour que ce que l'on fait ne le réveille pas, sinon on finira mangé tout cru.

Certes, la directive sur les brevets logiciels n'est pas encore tout à fait adoptée, ça doit passer en seconde lecture au parlement. Mais je ne crois pas trop au fait qu'elle puisse être refusée. À moins d'un miracle...

Ça parait peut-être un peu trop noir tout ça, peut-être même irréaliste. Mais cette histoire me dégoute profondément. Monde de merde, comme dirait l'autre. Je me demande si ce soir je ne vais pas me "défoncer la gueule" comme LSBEC, histoire d'oublier un moment cet avenir qui s'annonce sombre pour mon métier. Trés sombre.